5 février 2026

La préfecture de Tours organise une simulation d’attaque de masse au lycée Grandmont

Tours a vécu un après-midi hors norme mercredi, avec une simulation d’attaque de masse menée au lycée Grandmont, au sud de la ville. La préfecture d’Indre-et-Loire a déclenché le plan NOVI (Nombreuses victimes) pour tester la sécurité, la gestion de crise et la coordination des secours. Le secteur a été bouclé, des sirènes ont retenti, et le dispositif FR-Alert a prévenu les riverains.

Policiers, gendarmes, pompiers et équipes médicales ont travaillé ensemble comme en situation réelle. Des étudiants infirmiers ont joué les victimes pour éprouver la chaîne de protection et de formation des intervenants. Les enseignements de cet exercice grandeur nature doivent alimenter un retour d’expérience rapide.

Simulation d’attaque de masse au lycée Grandmont : l’essentiel à retenir

Le choix du lycée Grandmont n’a rien du hasard. Le site est vaste, composé de nombreux bâtiments, avec des couloirs, des coursives et des points hauts qui compliquent la progression des forces de l’ordre. C’est précisément ce relief qui intéresse la préfecture pour étresser les procédures.

Mercredi après-midi, le périmètre a été totalement sécurisé pendant plusieurs heures. Des dizaines de véhicules de police et de pompiers se sont positionnés devant l’établissement, transformant l’avenue en base logistique. Les premiers engagés ont été les policiers, chargés de neutraliser la menace simulée.

Une fois les bâtiments sanctuarisés, les secours ont pris le relais. Les équipes ont installé des zones de tri, de soins immédiats et d’évacuation. Des étudiants infirmiers, maquillés pour l’occasion, ont incarné des blessés avec des profils variés pour tester toute la palette des gestes d’urgence.

Un responsable opérationnel des sapeurs-pompiers a résumé l’enjeu de la journée en soulignant l’utilité de revoir du matériel rarement sollicité. Selon lui, l’objectif est double : vérifier l’aptitude à monter en puissance et apprendre à gérer une file de victimes bien supérieure à un accident routier classique.

Côté État, la ligne est claire : mieux vaut repérer les maillons faibles en exercice que les découvrir lors d’une crise. Le représentant de l’État en Indre-et-Loire a insisté sur l’intérêt d’un site scolaire, très fréquenté et familier des habitants, pour rendre le scénario immersif et précis.

Autour du lycée, les riverains ont reçu une notification via FR-Alert. Le message rappelait qu’il s’agissait d’un exercice et donnait des consignes simples : rester à distance, ne pas encombrer les lignes de secours et éviter toute diffusion de rumeurs.

Un père venu récupérer sa fille a vu son trajet dévié par les barrières. Il a témoigné de l’organisation fluide des déviations et de la courtoisie des agents. Ce type de retour figure dans les remontées terrain prises en compte au même titre que les aspects purement techniques.

Ce que les habitants ont vu et entendu autour du site

Les sirènes, la radio des équipes, le ballet des brancards : tout a été calibré pour paraître réaliste. Des panneaux temporaires « Exercice en cours » ont été installés, mais à distance raisonnable, afin de ne pas perturber le déroulement.

Plusieurs commerçants racontent avoir observé le convoi de camions rouges depuis leur vitrine. Ils évoquent des séquences rythmées, avec des départs d’ambulances fictifs pour simuler les évacuations vers des hôpitaux de la métropole.

Deux lycéens rencontrés après la levée du bouclage ont décrit un mélange de curiosité et de tension. L’un d’eux s’est dit rassuré de voir autant de professionnels mobilisés pour la protection des élèves.

Au final, la séquence a tenu son rôle : une répétition générale pour éprouver la capacité de la ville à répondre à une menace grave. La prochaine étape ? Le débriefing, pierre angulaire de l’amélioration continue.

Plan NOVI à Tours : coordination, sécurité et méthodes éprouvées

Le plan NOVI — pour « Nombreuses victimes » — articule la gestion de crise autour de trois axes : sécuriser, soigner, informer. À Tours, l’exercice au lycée Grandmont a permis de dérouler ces volets dans un environnement complexe.

La première phase vise la neutralisation de la menace simulée et la mise à l’abri des personnes. C’est le temps des forces de l’ordre, de la reconnaissance des bâtiments et du partage d’informations vers le poste de commandement.

La seconde phase installe la médecine de catastrophe. Les équipes balisent des zones colorées pour le tri des blessés, priorisent les évacuations et organisent les renforts médicaux. Un médecin chef supervise les flux pour éviter les engorgements.

Enfin, la troisième phase gère la communication. Le centre opérationnel départemental, piloté par la préfecture, recense les données, confirme les éléments fiables et diffuse des messages utiles au public et aux proches.

Qui fait quoi pendant un NOVI ?

Chaque acteur connaît son rôle et son point de contact. La police judiciaire prépare déjà la scène post-attaque, tandis que les unités spécialisées sécurisent les axes d’accès pour les secours.

Les sapeurs-pompiers coordonnent la chaîne des soins avec le SAMU et les associations agrées de sécurité civile. Les agents de la ville gèrent les salles d’accueil et l’information aux familles, si nécessaire.

Ce canevas s’enrichit d’expérience en expérience. On se souvient du scénario joué à l’aéroport de Tours en 2023, qui avait éprouvé la logistique sur une infrastructure majeure. Ici, l’enjeu est scolaire, donc humain et de proximité.

Chronologie simplifiée de l’exercice

La séquence suivante illustre la montée en puissance depuis le déclenchement jusqu’à la levée du dispositif. Les horaires sont indicatifs et représentatifs d’un déroulé type.

Heure Action clé Responsable
14:05 Signal déclencheur et activation FR-Alert Préfecture
14:15 Entrée des primo-intervenants et sécurisation Police, unités spécialisées
14:35 Mise en place du tri et des zones de soins Sapeurs-pompiers, SAMU
15:10 Évacuations simulées vers hôpitaux SMUR, ambulances
16:00 Stabilisation, recensement et levée progressive du périmètre Commandement interservices

Ce tableau n’est pas une règle absolue, mais un cadre. Le réel impose des adaptations, que l’entraînement rend plus rapides et plus fiables.

Les leçons accumulées à Tours s’appuient sur des exercices antérieurs, notamment au stade de la Vallée du Cher, où une opération « nombreuses victimes » avait mobilisé des centaines de figurants. Cette mémoire locale renforce la rigueur du jour J.

Les étapes clefs, en bref

  • Sécuriser le site et établir un périmètre fiable.
  • Trier les blessés et prioriser les soins.
  • Informer le public et lutter contre les rumeurs.
  • Coordonner les évacuations vers les hôpitaux.
  • Débriefer sans délai pour corriger les procédures.

Ce socle commun, répété, fait gagner des minutes précieuses, donc des vies potentielles. Il constitue la colonne vertébrale d’une formation utile à tous les services.

La vidéo ci-dessus illustre les méthodes testées lors d’exercices récents en Touraine. Elle offre un aperçu des schémas d’intervention et du travail interservices.

FR-Alert et gestion de crise : comprendre l’alerte sur téléphone

Le recours à FR-Alert s’est imposé comme un pivot de la gestion de crise. Le message, reçu même si le téléphone est en silencieux, permet d’informer vite, court et juste.

Mercredi, l’alerte a rappelé qu’il s’agissait d’une simulation. Elle a aussi détaillé des consignes simples, utiles à tous, pour éviter l’afflux de curieux et préserver les couloirs d’intervention.

Ce canal a prouvé sa capacité à réduire la confusion de départ. Des habitants ont confirmé avoir compris la nature de l’événement et adapté leurs déplacements en conséquence.

Que faire en recevant une alerte FR-Alert ?

Les recommandations sont pragmatiques et s’appliquent à chacun. Elles limitent les interférences sans priver le public d’informations utiles.

  • Lire l’intégralité du message et respecter les consignes.
  • Éviter le secteur et ne pas se rapprocher du périmètre.
  • Ne pas saturer les lignes de secours avec des appels non urgents.
  • Vérifier les informations via les canaux officiels (préfecture, mairie).
  • Diffuser la consigne à ses proches sans relayer de rumeurs.

Un commerçant de l’avenue voisine a montré le message reçu à sa clientèle, rassurant les personnes âgées présentes. Ce geste simple participe à la protection collective.

Lutter contre la rumeur, préserver la sérénité

Lors de précédents incidents, des établissements de Tours ont dû se confiner avant que l’alerte ne soit levée, parfois pour un motif finalement non avéré. Ces épisodes rappellent la nécessité d’une parole publique claire et rapide.

Le canal officiel, relayé par les collectivités et les médias locaux, évite les emballements. Il recentre l’attention sur les gestes utiles et les informations vérifiées.

La préfecture a déjà prévu d’évaluer finement l’efficacité de l’alerte dans l’exercice au lycée Grandmont. Le but : ajuster la formulation des messages pour gagner encore en lisibilité.

Ce contenu explique le fonctionnement de l’alerte cellulaire et ses bénéfices en situation de crise. Il complète les informations délivrées par les services de l’État.

Témoignages à Tours : formation, protection et réalité du terrain

Les témoignages recueillis autour du lycée Grandmont offrent un visage humain à la manœuvre. Une enseignante a décrit « une chorégraphie millimétrée », perçue depuis la barrière, sans panique.

Un élève de terminale, resté à distance, a évoqué un « rôle de citoyen ». Selon lui, l’idée de laisser travailler les secours, sans filmer ni encombrer, va de soi quand l’alerte explique précisément ce qui se passe.

Côté secours, un pompier volontaire a parlé d’« adrénaline cadrée ». Le rythme est soutenu, mais chaque geste compte, et la formation répétée donne des repères solides pour décider vite.

Parmi les « victimes » figurait Louise, étudiante infirmière. Elle a raconté son maquillage de plaies, la pose d’une étiquette de tri et la sensation d’être prise en charge avec méthode. Ses mots soulignent le réalisme utile à l’apprentissage.

Un policier de la bac a insisté sur l’importance de la progression en binômes dans des couloirs étroits. La configuration du site oblige à penser aux angles morts, aux escaliers, aux portes lourdes.

Des habitants ont, eux, évoqué la question des enfants. Une mère a expliqué avoir répondu aux questions de son fils, intrigué par les sirènes, en s’appuyant sur l’idée de « protection » et d’exercice pour « être prêts ».

L’expérience de la ville, un atout discret

À Tours, la culture de la manœuvre ne date pas d’hier. L’aéroport, le stade de la Vallée du Cher, ou encore une salle de spectacle à Joué-lès-Tours ont déjà servi de terrains d’entraînement.

Chaque lieu apporte ses particularités : flux de voyageurs, tribunes, sorties de secours, rideaux métalliques. Cette diversité forge une agilité que les équipes réinvestissent ensuite dans les écoles, les quartiers et les services publics.

Les associations agréées de sécurité civile jouent un rôle discret mais crucial. Elles renforcent l’accueil des familles, le soutien psychologique et la logistique des points de rassemblement.

Le regard des soignants et l’appui psychologique

Le volet santé est central dans une attaque de masse. Médecins, infirmiers et secouristes s’exercent à un tri qui peut bousculer les émotions, car il concentre les ressources là où l’impact est maximal.

Des psychologues participent au dispositif pour accompagner les témoins. Cet appui, parfois invisible, aide à traverser l’instant et à éviter les effets différés.

Au sortir de la manœuvre, un soignant résume : « L’entraînement n’annule pas l’émotion, mais il met de l’ordre. » Cette phrase dit l’essentiel de la préparation au bénéfice de tous.

De ces récits émerge une idée simple : quand chacun connaît son rôle, l’ensemble gagne en clarté. C’est la base d’une sécurité partagée.

Ce que la communauté retient : pratiques utiles et prochaines formations

Un exercice comme celui du lycée Grandmont ne s’arrête pas aux barrières retirées. La suite se joue dans une salle de réunion, devant un tableau blanc, avec un débriefing franc et méthodique.

Les responsables alignent les temps, confrontent les ressentis et listent les points à améliorer. La préfecture compile ces retours pour actualiser les procédures et partager les bonnes pratiques avec les partenaires.

Au menu, des sujets très concrets : signalétique sur site, fluidité des communications radios, positionnement des véhicules et cohérence des points de rendez-vous. Chacun apporte un éclairage, du policier au brancardier.

Points à surveiller pour gagner du temps

Trois leviers reviennent souvent dans les retours d’expérience. Ils sont simples à nommer, exigeants à mettre en œuvre, mais décisifs sur le terrain.

  • Clarté des accès : éviter les engorgements et baliser les couloirs de circulation.
  • Qualité de l’information : des messages courts, compréhensibles, synchronisés.
  • Polyvalence des équipes : croiser les compétences via la formation continue.

Ces axes structurent la progression d’une année sur l’autre. Ils servent aussi de base aux exercices menés dans d’autres lieux de la métropole.

Repères pratiques et perspectives

Pour rendre l’effort visible, plusieurs repères jalonnent l’agenda interservices à Tours. L’objectif reste constant : renforcer la protection du public, dans les écoles comme dans les lieux de passage.

Voici des jalons indicatifs, pensés pour ancrer ce travail dans la durée. Ils seront affinés lors du bilan formel.

Échéance Action prévue Objectif
Semaine prochaine Débriefing interservices de l’exercice Identifier pistes d’amélioration
Mois prochain Atelier radios et signalétique opérationnelle Harmoniser les messages terrain
Avant l’été Session de formation conjointe écoles–secours Acculturer personnels et élèves
Automne Exercice multi-sites à Tours Tester la montée en charge

Au-delà des plannings, l’essentiel revient à la pédagogie locale. Les établissements scolaires souhaitent des rappels simples sur la conduite à tenir et la façon d’aider sans se mettre en danger.

Les collectivités, de leur côté, travaillent à mieux intégrer les retours des habitants. Le formulaire de contact, les réunions de quartier et les espaces d’écoute peuvent nourrir l’amélioration de la réponse publique.

À l’échelle du quotidien, quelques réflexes suffisent déjà : vérifier ses itinéraires, suivre les canaux officiels et signaler toute situation anormale sans tarder. C’est une manière concrète de contribuer à la sécurité commune.

Au fil des exercices, la ville capitalise une culture de la prévention. Le fil rouge demeure : une réponse plus rapide, plus claire, plus efficace pour tous.

Antoine.76

Journaliste passionné de 42 ans, je parcours le monde pour raconter les histoires qui l’animent. Curieux, rigoureux et toujours en quête de vérité, j’aime donner la parole à celles et ceux qu’on entend rarement. La transmission et l’information sont au cœur de mon engagement quotidien.

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