9 janvier 2026

BILAN DU 5 JANVIER] – Gelées persistantes et récentes chutes de neige touchent le cœur du Val de Loire

Neige et gel tenaces au cœur du Val de Loire

Bilan serré en ce lundi 5 janvier dans le Val de Loire : des gelées persistantes au réveil, puis des chutes de neige l’après-midi, ont marqué la journée. Les conditions météorologiques ont ralenti les déplacements et demandé une vigilance accrue, notamment sur les axes secondaires. Le froid s’installe dans la durée, au cœur de l’hiver, avec une neige de redoux localisée qui a surpris plusieurs communes.

Les relevés confirment des minimales très basses dans le Cher, l’Indre et l’Eure-et-Loir, tandis que quelques maximales sont repassées faiblement positives au sud de la région. Des cas de neige dite industrielle ont été observés à Tours et Châteauroux, sous un ciel parfois laiteux. Ce point d’étape s’attache aux faits, aux impacts concrets et aux comparaisons avec les repères du climat local.

Bilan du 5 janvier dans le Val de Loire: gelées persistantes et chutes de neige

Le cœur de la région Centre – Val de Loire a connu une journée typiquement hivernale. Dès l’aube, le thermomètre est descendu sous zéro partout, avec des gelées persistantes jusque dans les vallées. À la mi-journée, l’air est resté piquant et sec, avant que des chutes de neige ne se déclenchent en début d’après-midi et progressent vers l’ouest et le sud. Plusieurs communes ont observé une pellicule blanche, parfois durable sur les surfaces froides.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le point le plus froid du matin a été relevé dans le sud du Cher, à Chateaumeillant: -10,2°C. L’Indre a affiché -9,7°C à Chassignolles, tandis que l’Eure-et-Loir s’est distingué par -8,2°C à Nogent-le-Rotrou. Ailleurs, les valeurs ont oscillé souvent entre -4°C et -7°C, comme Tours -4,7°C, Blois -4,6°C ou Orléans (Bricy) -4,6°C, confirmant la généralisation du gel.

Le contraste de l’après-midi a rehaussé l’impression hivernale. Malgré quelques maximales redevenues positives sur l’Indre, le sud du Cher et localement l’Indre-et-Loire, les routes sont restées glissantes. À Saint-Luperce (Eure-et-Loir), la station locale est passée sous un voile de neige, avec un cumul mesurable en début de soirée. Dans le Perche, au Mesnil-Thomas, le paysage a viré au blanc par plaques, notamment sous les haies et en lisière forestière.

Dans les agglomérations, un phénomène plus discret mais bien réel a été noté: une neige industrielle, liée à la condensation de panaches en atmosphère gelée. À Tours et Châteauroux, de petites intensités ont blanchi les pare-brise et les pelouses. « On a vu se former des flocons sous un ciel gris sans vraie perturbation au-dessus, c’était inattendu », raconte Fabien, employé dans une zone d’activités près de La Riche.

Le quotidien a dû s’adapter. À Chartres, un chauffeur de car scolaire évoque « des départs retardés et des boucles raccourcies dans les hameaux ». Près de Romorantin, une infirmière libérale a fait « le choix de chausser des crampons de chaussures pour la tournée du soir ». Ces anecdotes résument l’effet immédiat de ces conditions météorologiques: déplacements prudents, itinéraires modifiés, marges de sécurité allongées.

Les services de voirie ont salé très tôt les axes structurants. En Indre-et-Loire, les services techniques ont multiplié les passages sur la rocade tourangelle et les ponts exposés. Dans le Loiret, le verglas a persisté à l’ombre en milieu de journée. Ce soir, le froid reprend la main sur les chaussées humides, avec un risque de regel étendu aux quartiers résidentiels.

Pour mémoire et clarté, voici les points-clés de ce bilan régional:

  • Matin glacé généralisé, avec des minima souvent compris entre -4°C et -8°C, et jusqu’à -10,2°C dans le Cher.
  • Neige l’après-midi à partir de l’ouest et du centre, gagnant le sud; secteurs blanchis dans le Perche et vers la vallée de l’Indre.
  • Neige industrielle observée à Tours et Châteauroux, sous un ciel bas et des températures négatives durables.
  • Maximales localement revenues au-dessus de 0°C dans l’Indre, le sud du Cher et l’ouest tourangeau, sans faire fondre partout la pellicule blanche.

Cette journée du 5 janvier s’inscrit dans un hiver plus mordant que l’an passé, sans record généralisé, mais avec une séquence froide durable pour le calendrier. Les conditions météorologiques resteront à surveiller cette nuit, avec un regel attendu sur une large partie du réseau routier.

Impacts locaux: routes, écoles et services face au froid et à la neige

Les effets du froid et des chutes de neige se sont d’abord manifestés sur les routes. Les conducteurs ont rencontré des plaques de verglas tôt le matin sur les départementales boisées, du Perche à la Sologne. Les services d’entretien ont priorisé les grands axes, mais les chemins communaux sont restés délicats jusqu’à la mi-journée dans plusieurs cantons.

À proximité d’Orléans, des ralentissements se sont formés sur les entrées de ville, notamment en raison de ponts refroidis par une bise modérée. En Loir-et-Cher, des patrouilles ont signalé des accotements piégeux près des marais de la Grande Sauldre. Dans l’Indre, des cols routiers modestes mais ombragés, entre Buzançais et Levroux, ont gardé une fine pellicule glissante.

Les transports scolaires ont adapté leurs circuits. Dans l’Eure-et-Loir, un service a annoncé des horaires décalés d’une demi-heure sur les lignes rurales. « Nous avons maintenu la desserte des bourgs, mais évité certaines pentes à l’aube », explique Marie, coordinatrice à Nogent-le-Rotrou. À Châteauroux, la navette urbaine a circulé, avec des arrêts déplacés pour sécuriser les montées.

La vie quotidienne a suivi ce tempo ralenti. Des écoles ont conseillé aux familles d’anticiper des arrivées en douceur, sans pénalité de retard. Les marchés de plein air ont limité l’installation, par crainte du regel des cordages et bâches. Les commerçants ont dégagé les devantures; un boulanger de Vendôme raconte avoir « sablé le trottoir entre 6 h et 7 h » pour l’ouverture.

Les secours ont multiplié les messages de prudence à destination des piétons âgés. Le centre hospitalier de Bourges a évoqué plusieurs entorses et glissades, sans gravité majeure. « Une canne ou une paire de petits crampons amovibles peut faire la différence », rappelle une kinésithérapeute d’Amboise. Sur les toits, les dégâts sont restés limités, mais des gouttières ont gelé sur les maisons exposées au nord.

L’énergie et l’eau ont tenu bon, malgré des pics de consommation de chauffage. Des plombiers de Blois ont reçu des appels pour des canalisations en sous-sol peu isolées. « Un filet d’eau la nuit évite le blocage dans les pavillons anciens », conseille Théo, artisan. En zone rurale, certains réservoirs d’abreuvement pour le bétail ont été dégivrés manuellement en début d’après-midi, au plus fort du froid.

Le monde agricole a pris ses dispositions. Des maraîchers en Indre-et-Loire ont renforcé les voiles d’hivernage sur les jeunes salades. Les vignerons, eux, observent la dormance des ceps sans inquiétude immédiate, la souche supportant ces niveaux. Reste à surveiller le vent sur les parcelles givrées, qui pourrait accentuer la sensation de froid lors des travaux d’hiver.

Sur les rails, la situation est restée maîtrisée sur les grands axes, avec quelques marches prudentes signalées en matinée. Les quais ont été sécurisés à Tours et Blois. Au fil de la journée, la fréquentation a diminué légèrement, l’incertitude météo incitant à télétravailler. Les communes ont rappelé les obligations de déneigement devant les propriétés, dans un esprit de solidarité locale.

Ce chapitre du quotidien illustre un point simple: la meilleure réponse à ces conditions météorologiques est une organisation souple et des gestes réguliers, du foyer à l’entreprise, pour traverser l’épisode sans heurt.

Conditions météorologiques: pourquoi ce froid et cette neige en janvier

Le scénario du jour s’explique par la rencontre d’un air froid bien installé et d’une humidité revenue par bouffées. Une poche d’air continental a glissé par le nord, abaissant la température de la nuit. En journée, de petites zones humides ont circulé, offrant les ingrédients d’une neige faible mais tenace, surtout sur les sols refroidis par des jours de gel.

L’hiver dans le Val de Loire est souvent fait de nuances. Une perturbation franche n’est pas indispensable pour déposer un voile blanc. Il suffit parfois de nuages bas et d’une ambiance négative durable. Les précipitations ont démarré tôt l’après-midi, puis se sont étendues en direction de l’ouest et du sud, au rythme d’une langue d’humidité glissant sur l’air frigorifié.

La neige industrielle s’est invitée dans ce tableau, phénomène connu mais discret. Sous des panaches de vapeur en atmosphère glacée, la condensation se transforme en flocons, localement. À Tours et Châteauroux, ces effets ont été visibles près des zones d’activités, sans nécessité d’un nuage épais. Ce mécanisme reste localisé, mais il accentue la sensation d’hiver en ville.

Pour situer cet épisode dans le temps long du climat régional, voici des repères issus des normales 1991–2020 pour un mois de janvier. Ces moyennes n’expriment pas le temps du jour, mais donnent une échelle de comparaison utile lorsqu’on observe une série de matins glacés.

Ville Minimale moyenne (°C) Maximale moyenne (°C)
Avord 1,3 7,2
Blois 1,8 7,4
Bourges 1,6 7,4
Chartres 1,8 6,9
Châteaudun 1,4 7,1
Châteauroux 1,7 7,7
Orléans 1,7 7,1
Romorantin-Lanthenay 1,1 8,1
Tours 2,5 7,7

Les valeurs de ce matin, très inférieures à ces repères, montrent une séquence assez rigoureuse pour un début de janvier. La différence est particulièrement nette dans le Berry. Lorsque l’écart dépasse 6 à 8 degrés sous les normales, l’impression de froid est renforcée, et le regel nocturne devient quasiment systématique dès que les sols sont humides.

Autre élément explicatif: la lenteur du vent a favorisé l’isothermie à l’échelle locale, permettant à la neige de se maintenir sous forme de flocons. Moins de brassage, c’est plus de stabilité, donc davantage de chances pour que la pluie prévue devienne neige selon les quartiers. C’est ce qui s’est produit par endroits entre l’Indre et l’Eure-et-Loir.

Enfin, la temporalité a compté. La reprise de faibles chutes en fin d’après-midi a coïncidé avec les retours à domicile. La blancheur s’est alors fixée plus facilement sur des voitures déjà refroidies et sur les pelouses, donnant à cet épisode un caractère visuel plus marqué. Voilà pourquoi ce bilan s’impose: il montre un temps de saison, mais dans une version appuyée par la durée et la répétition des gels.

Pour suivre l’évolution de la vigilance, les habitants peuvent consulter le site de Météo-France ou notre bulletin local. L’échelle régionale apporte des repères, mais la rue et le quartier dictent souvent la prudence à adopter.

Communes en chiffres: relevés, témoignages et visages de l’épisode

Les thermomètres ont structuré la journée, mais ce sont les habitants qui en racontent la texture. À Saint-Luperce, la station locale montrait une baisse continue jusqu’en fin de matinée, puis la petite neige a pris le relais. « On a vu blanchir les toits, puis les bordures, sans que la route ne se couvre vraiment », explique Alain, bénévole d’un réseau d’observation. Cette progression par paliers illustre le caractère à la fois modeste et pénétrant de l’épisode.

Dans le Cher, les communes du sud ont enduré les valeurs les plus sévères. Préveranges -9,6°C, Culan -9,4°C ou encore Beddes -8,1°C ont confirmé le cœur froid du secteur. Plus au nord, Mehun-sur-Yèvre -5,2°C, Avord -4,8°C et Bourges -4,9°C ont gardé une marge négative nette. Sur place, les agriculteurs ont gelé l’arrosage et couvert les plantes sensibles des jardins vivriers.

L’Indre a vécu une mosaïque de situations. Entre Chassignolles -9,7°C, Montgivray -8,2°C, Argenton-sur-Creuse -6,8°C et Châteauroux -6,2°C, la région a affiché une stabilité glaciale. Le long de la Brenne, Le Blanc -5,8°C et Vendoeuvres -5,4°C ont vu des étangs à demi saisis, spectaculaires mais fragiles. Des panneaux ont rappelé de ne pas marcher sur la glace, même lorsque la surface semble solide.

En Eure-et-Loir, les relevés ont été homogènes et marqués: Nogent-le-Rotrou -8,2°C, La Loupe -7,7°C, Châteaudun -5,9°C, Chartres -5,7°C, Saint-Luperce -5,8°C. Dans le Perche, au Mesnil-Thomas, la neige a accroché les talus et le mobilier urbain en fin de journée. « Nous avons placé des balises autour d’un arbre penché en lisière », précise un agent communal, évoquant la charge ponctuelle des branches sous la blancheur.

Le Loir-et-Cher a cumulé des gelées franches, de Choué -6,2°C à Salbris -4,6°C et Vendôme -4,9°C. À Blois, -4,6°C au nord; à Romorantin, -3,6°C dans l’après-midi sur un thermomètre urbain, le soleil jouant par intermittence. En Sologne, les pistes forestières ont gardé des zones blanchies, particulièrement sensibles aux chutes de branches fines.

Sur le Loiret, l’ambiance est restée rigoureusement négative le matin: Bazoches-les-Gallerandes -5,2°C, Orléans-Bricy -4,6°C, Sandillon -4,4°C, Saint-Firmin-des-Bois -4,4°C. « Les trottoirs du centre ont été sablés deux fois », indique un responsable de quartier à Orléans. Les commerçants ont multiplié les affiches « sol glissant » à l’entrée des boutiques.

Pour dégager une lecture claire de ces chiffres, voici un repère synthétique par département, utile aux déplacements essentiels:

  • Cher: seuil de très forte gelée atteint localement (jusqu’à -10,2°C), vigilance accrue en pays de Châteaumeillant.
  • Indre: nombreux relevés entre -6°C et -9°C, sols durablement froids en Brenne, prudence aux abords des étangs.
  • Eure-et-Loir: gelées fortes généralisées, épisodes neigeux amorcés dans le Perche en fin de journée.
  • Loir-et-Cher: gel modéré à fort, réseau forestier piégeux, marquage ponctuel d’arbres fragilisés.
  • Loiret: gel modéré généralisé, sablage récurrent en zones piétonnes d’Orléans et de l’agglomération.
  • Indre-et-Loire: minimales autour de -4°C à -7°C, floconnades dans l’agglomération tourangelle, cas de neige industrielle.

Cette photographie à l’échelle des communes montre l’ampleur de la séquence et l’importance des gestes simples. Les relevés alimentent un bilan utile pour la suite de l’épisode et permettent d’ajuster, au jour le jour, les interventions de salage et les recommandations aux usagers.

Après le 5 janvier: évolution de l’épisode hivernal et conseils utiles

La suite immédiate se joue cette nuit et demain matin. Les sols étant humides après les chutes de neige, le regel menace les trottoirs et les axes secondaires. Le ciel restera variable, avec des passages nuageux susceptibles de donner de faibles flocons résiduels, notamment vers l’ouest et les plateaux exposés. Un regain de fraîcheur est attendu à l’aube, maintenant l’ambiance de plein hiver.

Les scénarios envisagent une lente atténuation du froid en journée, sans basculement franc. Les éclaircies, si elles se confirment, aideront à assécher localement les chaussées. Le risque principal restera concentré aux premières heures, quand les zones à l’ombre conserveront des plaques lisses. Les autorités locales invitent à limiter les trajets non indispensables avant 9 h, surtout dans les villages en lisière forestière.

Des conseils pratiques permettent de traverser ce cap sans encombre. Pour les automobilistes, dégivrer le pare-brise entièrement et vérifier la pression des pneus améliore l’adhérence. Les piétons privilégient des semelles crantées et de petits pas, mains libres, pour garder l’équilibre. Dans les maisons, le réglage d’un filet d’eau la nuit préserve les conduites fragiles, notamment dans les annexes non chauffées.

Les personnes fragiles restent au cœur de l’attention. Les communes encouragent le « coup de fil bienveillant » aux voisins âgés, afin de vérifier chauffage et médicaments. Les professionnels de santé recommandent l’écharpe sur le nez en cas de bise, pour adoucir l’air inspiré. Les écoles rappellent aux familles de couvrir la nuque et les poignets des enfants, zones souvent négligées.

Les entreprises ajustent les horaires, en particulier pour les équipes du matin. Dans le bâtiment, des zones de stockage sont réorganisées pour limiter les allers-retours sur des cours verglacées. Les artisans programment les interventions prioritaires au milieu de journée, période plus clémente. Les collectivités, elles, poursuivent les cycles de salage, avec une attention particulière aux abribus et aux abords des écoles.

À la campagne, les éleveurs vérifient les abreuvoirs et renforcent la litière, tandis que les maraîchers surveillent les serres. En viticulture, la période de taille se poursuit prudemment lorsque les températures restent stables. « On évite de tailler au plus bas du minimum, la main gèle vite et le geste se dégrade », confie un vigneron de Montlouis.

La trajectoire des prochains jours dépendra de l’orientation des flux. Si l’air plus doux gagne par l’ouest, la neige pourrait laisser place à une humidité froide, tout aussi piégeuse la nuit. Dans l’autre sens, un maintien d’air sec favoriserait des matinées très froides mais plus stables. Dans l’attente, le mot d’ordre demeure la prudence, pour clore cet épisode avec un bilan humainement serein.

Antoine.76

Journaliste passionné de 42 ans, je parcours le monde pour raconter les histoires qui l’animent. Curieux, rigoureux et toujours en quête de vérité, j’aime donner la parole à celles et ceux qu’on entend rarement. La transmission et l’information sont au cœur de mon engagement quotidien.

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